PASOLINI ET LA CRITIQUE

2019-12-19

Depuis quelque temps, en Italie et à l’étranger, Pier Paolo Pasolini est présenté en tant que penseur du monde contemporain, ce qui rend moins décisives les classifications – par genres ou par phases – qui essayaient de tenir compte de son œuvre et de ses activités. C’est ce qu’on peut trouver dans des travaux comme celui de Didi-Huberman, Survivance des lucioles (Éditions de Minuit, 2009) ; ou, avant cela, dans des essais comme Il pensiero meridiano, de Franco Cassano (Laterza, 1996), ou encore, dans les plus récents Effetto Italian Thought, édité par E. Lisciani-Petrini et G. Strummiello (Quodlibet, 2017), et Decostruzione o biopolitica?, édité par Elettra Stimilli (Quodlibet, 2017).

Ce qui semble passer au premier plan dans cet autre configuration des significations de son travail et de sa vie, c’est la centralité de sa condition publique d’intellectuel et l’étendue de son activité critique. Pasolini a lui-même toujours reconnu cette centralité :

 « Il est vrai que mon premier livre [...] était un livre de poésie. Et il est vrai également que j'ai commencé à écrire de la poésie à l'âge de sept ans, à ma deuxième année en école [...] mais, qui sait pourquoi, quand je pense indistinctement au début de ma carrière littéraire, je me conçois comme ‘issu de la critique'. Peut-être parce qu'au début des années 1940, mon plus grand enthousiasme – poétique aussi, bien sûr – était justement consacré à l'étude de la philologie romane et à l'histoire de l'art [...]. Le fait même que les premiers vers publiés (et à ce jour non rejetés), des vers d’un jeune de 18 ans, soient en frioulan prouve que mon opération poétique était déjà sous le signe d'une inspiration nettement critique, intellectuelle. »

Dans ce numéro de la revue Remate de Males nous accueillerons des textes portant sur cette critique radicale de Pasolini, dans les domaines les plus différents où elle s’est manifestée : de la littérature aux beaux-arts, de la philologie à la sémiologie, du cinéma au théâtre, de la poésie à la traduction, les réponses aux lecteurs des journaux quotidiens, les entretiens ou les fréquentes interventions publiques dans des revues.

Organisateurs:
Maria Bethânia Amoroso (Unicamp)
Claudia Tavares Alves (Unicamp)

Date limite pour l'envoi d'articles : 15 mai 2020.